Petit écran

Revues ciné et séries TV

The Queen

Vu le 30/10/2006 à l’UGC Rotonde Salle 1

Le 31 août 1997, Lady Di meurt dans un accident de voiture à Paris provoquant l’indifférence de certains et la tristesse de beaucoup si bien que sa mort fut un des plus grands événements médiatiques de ces dernières années (on se souviendra du mémorable journal consacré à sa mort sur TF1 où Chazal, au moment de parler des autres informations, balance un lapidaire « il faut bien parler du reste de l’actualité »).

En Angleterre, Tony Blair (Michael Sheen, très bon) tout prend conscience de la tristesse des anglais et compatit publiquement à leur douleur tandis que la Reine Elisabeth II préfère demeurer dans son domaine de Balmoral et elle ne se prononcera que tardivement sur la tragique disparition de la mère d’un futur roi. C’est pendant cette assez courte période que se déroule The Queen. Le point de vue de Stephen Frears est très bon. Loin de décrire un protocole écrasant façon Versailles, il ancre la vie de la famille royale dans un aspect plus anglais, plus « so british », que princier même si certaines séquences prêtent à l’amusement comme lorsque Elisabeth souhaite téléphoner dans la cuisine et qu’en quelques secondes, tout le personnel disparaît! Et Stephen Frears décrit une Reine absolument digne mais très peu chaleureuse, sur la réserve raison pour laquelle elle ne comprend plus son peuple pleurer sans retenue devant Buckingham.
De la même manière, le 10 Downing Street de Tony Blair est une maison vivante, un peu bordélique où partout sont épinglés des dessins d’enfant et où Cherie Blair prépare des bâtonnets de poisson!

Tony et Elisabeth

La relation presque maternelle entre la Reine, hautaine et dépassée, et le premier ministre, timide et admiratif, sont au coeur de The Queen. Deux personnes qui ne se comprennent pas mais qui essayent de communiquer au risque de se heurter à l’hostilité de leur entourage, cynique ou anti-monarchique chez les Blair, anti Blair chez la Reine. Frears évite de prendre position. Ou alors subtilement et pas pour ceux qu’on croit car la mort de Lady Di est pour le clan Blair surtout une affaire de médiatisation plus qu’une tragédie humaine. Au fond il y a bien plus de sincérité chez le Prince Charles, pathétique mais volontaire et vraiment endeuillé, et bien plus de noblesse chez la Reine pleurant en silence son incompréhension, seule.

Helen Mirren est parfaitement à la hauteur du rôle. Sa réserve décriée et presque naïve la rendent très attachante. L’actrice avait aussi pas mal d’expérience car elle n’en est pas à son premier rôle de reine. Elle incarna Elisabeth I l’année d’avant (!), mais elle fut aussi reine dans les dessins animés Le Prince D’Egypte et Snow Queen et la reine Charlotte dans La Folie du Roi George!

C’était un pari risqué que de raconter l’histoire récente mais le pari est réussi grâce à une histoire qui évite toute facilité et sensationnalisme pour mieux raconter, avec une bonne dose d’humour (le meilleur étant peut-être la discussion avec la reine-mère sur l’organisation de l’enterrement de Diana), les dessous de l’Histoire.

Fiche IMDB



3 commentaires à “The Queen”

  • Diane

    contente que tu ais aimé… j’avoue avoir aussi été séduite par le ton du film et l’interprétation de ce films bien mené !

  • Petit écran » Trop top (2006)

    [...] Cette année, une baisse significative du nombre de films vus : seulement 93 soit 9 de moins que l’an passé. La faute principalement au mois de Septembre où je suis parti plusieurs semaines en vacances et à un rythme de sortie frénétique en novembre qui m’a empêché de combler mon retard. Un retard toujours d’actualité d’ailleurs puisqu’un emploi du temps vicieux me fait renoncer aux films d’animation (Souris City, Happy Feet et Arthur et les Minimoys) mais bon j’en ai quand même vu 9 cette année. Dans ces 93 films, 51 américains et 28 français, un écart beaucoup plus resserré que l’an passé (2005 : 63/25). Je constate une chute des films asiatiques (9 en 2005, 3 en 2006). Reste 10 films européens (dont les deux films de Frears : Madame Henderson présente et The Queen) et un film canadien, l’intéressant C.R.A.Z.Y. [...]

  • Jb

    Film intéressant. Au final il tape juste, et montre bien que la réaction populaire hystérique dirige tout.
    La différence entre la Reine et Blair, c’est que l’un essaye de passer outre ces manifestations raisonnablements, alors que l’autre fait son beurre dessus.

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